LES TOROS

Les toros s'ennuient le dimanche
Quand il s'agit de courir pour nous.
Un peu de sable du soleil et des planches
Un peu de sang pour faire un peu de boue
C'est l'heure où les épiciers se prennent pour Don Juan
C'est l'heure où les Anglaises se prennent pour Montherlant.

Ah! Qui nous dira à quoi ça pense
Un toro qui tourne et danse
Et s'aperçoit soudain qu'il est tout nu?
Ah! Qui nous dira à quoi ça rêve
Un toro dont l'il se lève
Et qui découvre les cornes des cocus?

Les toros s'ennuient le dimanche
Quand il s'agit de souffrir pour nous.
Voici les picadors et la foule se venge
Voici les toreros et la foule est à genoux.
C'est l'heure où les épiciers se prennent pour Garcia Lorca.
C'est l'heure où les Anglaises se prennent pour la Carmencita.

Les toros s'ennuient le dimanche
Quand il s'agit de mourir pour nous
Mais l'épée va plonger et la foule se penche
Mais l'épée a plongé et la foule est debout.
C'est l'instant de triomphe où les épiciers se prennent pour Néron.
C'est l'instant de triomphe où les Anglaises se prennent pour Wellington.

Ah! Est-ce qu'en tombant à terre
Les toros rêvent d'un enfer
Où brûleraient hommes et toreros défunts?
Ah! Ou bien à l'heure du trépas
Ne nous pardonneraient-ils pas
En pensant à Carthage Waterloo et Verdun?
Verdun.

 Los toros se inquietan el domingo/ Cuando se trata de correr para nosotros./ Un poco de arena, de sol y de tablas,/ Un poco de sangre para hacer un poco de barro./ Es la hora en que los tenderos/ Se toman por Don Juan./ Es la hora en que los ingleses/ Se toman por Montherlant.

¡Ah! Quién nos dirá en qué piensa/ Un toro que gira y danza/ Y que descubre de pronto que está totalmente desnudo./ ¡Ah! Quién nos dirá con qué sueña/ unn toro cuyo ojo se alza/ y que descubre los cuernos de los cornudos.

Los toros se inquietan el domingo/ cuando se trata de sufrir para nosotros:/ He aquí el picador y la multitud se venga./ He aquí los toreros y la multitud se arrodilla./ Es la hora en que los tenderos/ Se toman por García Lorca./ Es la hora en que los ingleses/ Se toman por la Carmencita.

Los toros se inquietan el domingo/ Cuando se trata de morir por nosotros/ Pero la espada va a hundirse y la multitud se inclina/ Pero la espada se ha hundido y la multitud está en pie./ Es el instante de triunfo en que/ Los tenderos se toman por Nerón. /Es el instante de triunfo en que/ Los ingleses se toman por Wellington.

¡Ah! ¿Tal vez al caer a tierra/ los toros sueñan con un infierno/ En el que arderán hombres y toreros difuntos?/ ¿O bien a la hora de la muerte/ No nos perdonarán/ Pensando en Cartago, Waterloo y Verdun./ Verdun.


 
 
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